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  mission I organisation I structure I financement I objectifs I projets I participants  
  PROJET DE PLAN STRATEGIQUE, DECEMBRE 2001  
  Introduction

Le CMRTV a été créé en 1997 par Pierre Juneau, ex-président de Radio-Canada, le service public national de radiotélévision au Canada et ex-président du CRTC, l'organisme réglementaire canadien en télécommunications.

S'appuyant sur sa vaste expérience dans les domaines du service de radiotélévision publique et du secteur gouvernemental de l'audiovisuel, Pierre Juneau a senti le besoin pour la société civile d'exprimer ses attentes dans le domaine audiovisuel et de s'organiser de manière à jouer un rôle significatif dans les décisions relatives à la radiotélédiffusion.

Il a initié ce mouvement mondial après avoir constaté que tous les services nationaux de radiotélévision publique faisaient face à cette tendance internationale qui s'appuie de plus en plus et de façon exclusive sur les forces du marché et les initiatives locales de la société civile avaient besoin du stimulant d'entreprises semblables dans d'autres parties du monde. De plus, les chances d'influencer les gouvernements et les radiodiffuseurs seraient beaucoup plus grandes s'il devenait possible d'établir à l'échelle mondiale des normes en matière de service public de radiotélévision.

 
   
  Autrement dit, Pierre Juneau a senti le besoin d'une réflexion universelle afin de mieux agir au niveau local.

Ce projet visionnaire du CMRTV a été soutenu dès le début par l'UNESCO. Il a aussi obtenu l'aide de radiodiffuseurs publics tels la SRC/CBC ou la SRG SSR idée suisse, de plusieurs ONG et de certaines associations d'auditeurs et de téléspectateurs.

Le CMRTV a organisé plusieurs grandes conférences sur la radiotélévision publique. La dernière en septembre 2000 à Rabat (Maroc) sur le service public en Afrique a conduit le CMRTV et l'UNESCO à publier la Déclaration de Rabat définissant les buts d'une radiotélévision publique au service du peuple africain.

Le CMRTV et l'UNESCO ont aussi publié en cinq langues (français, anglais, espagnol, arabe et russe) une définition du service de radiotélévision publique qui peut être utilisée comme barème pour les diffuseurs et les autorités réglementaires partout dans le monde. (Ce document sera disponible à la réunion).

Durant les cinq dernières années, Pierre Juneau s'est dévoué sans compter pour le CMRTV. Il a voyagé partout dans le monde pour faire connaître et faire valoir le bien-fondé du CMRTV et lui bâtir des appuis. Au printemps 2001, il a proposé une nouvelle équipe de direction : Guillaume Chenevière, anciennement directeur général de la TSR, la télévision publique de langue française en Suisse, et très actif au sein des organismes de radiodiffusion publique est devenu président et Micheline Vaillancourt, directrice générale de la télévision régionale et des affaires institutionnelles au réseau français de télévision de Radio-Canada et ex-présidente du Conseil des Radio-Télévisions d'Expression Française (CIRTEF) et membre du Bureau de direction de la Communauté des télévisions francophones (CTF) est devenue secrétaire général.

Un groupe stratégique a été formé. Il se compose du président, de la secrétaire général, de Javad Mottaghi, directeur de l'Asia-Pacific Institute for Broadcasting Development (AIBD) et de Vladimir L. Gaï, de l'UNESCO.

L'objectif de ce groupe a été d'élaborer un projet de plan stratégique pour le CMRTV, incluant une évaluation des moyens nécessaires à sa réalisation. Actuellement, le CMRTV n'a pas de structure opérationnelle. Il dépend entièrement de la bonne volonté de ses membres. Même si en cinq ans le CMRTV a maintes fois prouvé qu'il répondait à des besoins réels partout dans le monde, - pour reprendre les mots d'un représentant local de l'UNESCO, "s'il n'existait pas, il faudrait immédiatement l'inventer" -, il n'a pas encore trouvé le vaste appui de la société civile qui lui permettrait de réaliser ses buts ambitieux.

La mission du CMRTV
  • Défendre l'idée de la radiotélévision publique partout dans le monde par l'entremise de la société civile
  • Soutenir les valeurs et les services spécifiques de la radiotélévision publique dans nos contacts et relations avec les diffuseurs, les gouvernements et les autorités réglementaires
  • Promouvoir le concept de service public dans la programmation et les activités de communication des diffuseurs
  • Renforcer le concept de radiotélévision publique là où il est menacé
  • Aider à introduire le concept de radiotélévision publique là où il n'existe pas
Pourquoi le CMRTV veut-il agir par l'entremise de la société civile?

Dans la plupart des pays, la société civile est confrontée à la grande menace de voir s'amenuiser ou disparaître le domaine public où les citoyens sont libres de se rencontrer et d'échanger. De plus en plus la société accepte que des citoyens plus aisés vivent dans un univers qui n'a rien à voir avec la réalité de la majorité. Offrir un espace audiovisuel où chaque citoyen est représenté et traité équitablement est une façon évidente de contrer cette discrimination. C'est là une des fonctions premières de la radiotélévision publique et la société civile, première bénéficiaire d'une telle contribution au progrès d'une société et d'un débat démocratique, doit s'organiser pour demander, obtenir et maintenir un tel concept. Cependant, la société civile n'est pas souvent consciente du potentiel de la radiotélévision publique et ne réalise pas l'usage qu'elle peut faire de la radio, de la télévision et des nouveaux médias. Agir par l'entremise de la société civile et l'animer est un élément essentiel de la mission du CMRTV

Pourquoi le CMRTV veut-il lancer un mouvement international?

Face à la mondialisation des forces du marché, particulièrement évidente dans le domaine audiovisuel, le CMRTV entend activer un mouvement mondial égalitaire qui démontre partout dans le monde le besoin d'un espace audiovisuel public et d'un service de radiotélévision publique. Il servira à établir des normes internationales de bonnes pratiques et de rendement d'un service public et aidera les services de radiotélévision publique de chaques pays à se fixer des normes de performance. Il est également essentiel d'agir à l'échelle planétaire pour promouvoir le rôle décisif joué par la radiotélévision publique dans la protection de l'identité culturelle de chaque nation et de chaque région face à la forte tendance de mondialisation de la culture.

L' organisation du CMRTV

À titre d'ONG soutenu par l'UNESCO, le CMRTV entend coordonner, bonifier, lier et réseauter les organisations régionales, nationales, interrégionales et/ou continentales qui poursuivent les mêmes buts. Il n'est aucunement dans l'intention du CMRTV de les remplacer ou de s'y suppléer.

Il a l'intention d'agir de concert avec les plus importantes organisations internationales oeuvrant dans le domaine, tels l'UNESCO, le CBA, l'AIBD, le CIRTEF, l'URTI, l'URTNA, l'EBU, l'ASBU etc., et aussi avec d'autres ONG qui agissent parallèlement comme l'ACDI, l'ASDI, Friedrich Ebert Stiftung, Friedrich Naumann Stiftung, Thomson Foundation, etc.

Il est reconnaissant de l'appui de radiodiffuseurs publics tels SRC/CBC, SRG SSR idée suisse, etc.

Les membres du CMRTV devraient se composer principalement d'organisations de la société civile et de personnalités indépendantes issues du milieu académique, politique ou culturel motivés à défendre l'idée d'un service audiovisuel public.

Les conférences et autres événements organisés par le CMRTV devront s'inscrire dans le cadre de conférences ou d'événements internationaux ou interrégionaux organisés par un organisme partenaire. Cette règle de fonctionnement vise une plus grande efficacité et une réduction des coûts, avec l'avantage d'ajouter une perspective internationale à des initiatives plus ciblées.


La structure du CMRTV

Depuis sa création, le CMRTV tient une assemblée générale annuelle avec ses membres qui ne représentent qu'eux mêmes et non l'organisation à laquelle ils appartiennent. Le CMRTV compte aussi un imposant conseil d'administration (35 à 40 personnes), un bureau de 15 personnes, un président et un secrétaire général.

Il n'y a pas d'employé salarié. Le CMRTV ne verse aucun honoraire à ses membres dont la participation se fait sur une base volontaire.

Bien que nous demeurons ouverts à cette structure ouverte et souple du CMRTV, laquelle contribue à satisfaire au concept et à l'idée de base du CMRTV, le besoin se fait maintenant sentir de se doter d'une organisation plus pratique et basée sur des projets concrets.

Dépendamment de la nature des projets, des équipes d'experts devront être constituées pour atteindre les objectifs fixés. Une unité de coordination, également composée d'experts, sera mise en place quand le nombre et la visibilité des projets le nécessiteront.

Nouvelle structure proposée

L'assemblée générale qui est une activité assez coûteuse se réunira aux 2 ans, préférablement à l'occasion d'une conférence ou d'un événement organisé par le CMRTV. Le Conseil d'administration sera réduit à 15 membres. Parmi eux, un comité stratégique de remue-méninges composé de 5 à 6 membres remplacera l'actuel bureau. Chaque membre de ce comité devrait représenter une région du monde (ex : l'Asie du Sud-Est, l'Afrique du Nord…). Ce comité aura à travailler étroitement avec le président et son équipe.

Aux membres individuels devront s'ajouter des représentants d'organisations partenaires, nommés sur une base individuelle, mais ayant également la capacité de représenter officiellement au C.A. du CMRTV l'organisation à laquelle ils appartiennent.

L'assemblée générale élira le président et les membres du conseil d'administration pour un mandat de deux ans, renouvelable une fois. La prochaine assemblée générale pourrait se tenir à Montréal en 2002-2003 à l'occasion du 50e anniversaire de la télévision de Radio-Canada/CBC. Entre-temps, un comité exécutif sera constitué par l'actuel président.

Mode de financement proposé

Excepté le personnel de la Société Radio-Canada mis gracieusement à la disposition du CMRTV, il n'y a pas d'employé salarié. Les ressources pour réaliser des projets spécifiques et même pour la tenue de réunions devront venir des organisations partenaires. Aucune source de revenu n'est disponible.

À l'avenir, les dépenses courantes devront être financées à même un pourcentage de fonctionnement prévu au budget d'un projet. Des contributions seront demandées aux organisations partenaires et des frais d'inscription seront exigés des membres individuels.

Le CMRTV sollicitera 10 donateurs intéressés à investir chacun 10 000 dollars US pour assurer la base de financement requise par ce projet d'envergure.

Ce ne sont pas les projets qui manquent pour répondre aux besoins réels et urgents, mais il y a un manque flagrant de ressources pour les mettre en œuvre. Le CMRTV essaiera à moyen terme de se créer un avoir afin d'assurer son autonomie financière. Pour les dépenses de démarrage, il faudra trouver des parrains dans les cercles suivants :

  • Les services de radiotélévision publique et les autres organisations de service public
  • Les autorités réglementaires
  • Les Ministères de la Culture
  • Les associations d'auditeurs et de téléspectateurs
  • Les organisations des pays du Nord qui font de la coopération avec le Tiers-Monde
  • Les Fondations qui poursuivent les mêmes buts
Budget estimé
FS (francs suisses)
Secrétariat à temps partiel
40 000.-
Réunions (C.A., comité stratégique, assemblée générale)
20 000.-
Communications (documentation, traduction, site Internet)
25 000.-
Frais de déplacements
20 000.-
Frais de consultation
25 000.-
Total :
130 000.-

Indicateurs de rendement

Le CMRTV entend mesurer la réalisation de ses objectifs au moyen d'indicateurs de rendements objectifs qui donneront aux parrains la garantie d'une gestion efficace des ressources et d'un rapport approprié entre les dépenses et les résultats.


Objectifs (2002-2004)


1) Construire les bases d'une organisation solide (structure, financement, communications)
  • Mettre en place la nouvelle structure
  • Obtenir un financement adéquat
  • Se doter d'outils de communication
2) Soutenir le développement du service public de radiotélévision principalement par l'entremise de la société civile
  • Promouvoir l'idée de service public à la radio, à la télévision et dans les nouveaux services de communication audiovisuelle

  • Aider la mise en œuvre d'un service public de radiotélévision dans les pays qui en sont dépourvus et dans les pays où il est en danger

  • Aider les organisations de la société civile à devenir un soutien efficace à la cause du service public de radiotélévision dans tous les pays

  • Créer un réseau de collaboration entre les institutions oeuvrant dans le domaine de la recherche et du développement en matière de radiotélévision publique et soutenir par le fait même le service public par l'entremise de la société civile

  • Au besoin, être complémentaire ou bonifier les activités des organisations interrégionales, internationales et/ou continentales de la radiotélévision publique
3) Devenir un lieu privilégié d'observation et de réflexion sur
le service public de radiotélévision
  • Informer de la situation du service public de radio et de télévision partout dans le monde

  • Encourager une réflexion universelle sur l'avenir de la radiotélévision publique dans le nouvel environnement numérique et socio-économique et sur le développement de services publics dans le nouvel univers des services interactifs personnalisés qui viennent compléter le paysage audiovisuel

  • Devenir un lieu de convergence concernant les expériences les plus novatrices, les meilleures pratiques et les indicateurs de rendement des services publics de radiodiffusion et ce afin d'optimiser le concept de service public dans le monde

Plan d'action : les projets 2002-2004
  1. Définir et mettre en œuvre des mesures d'auditoires et d'autres indicateurs spécifiques à l'évaluation du rendement d'un service de radiotélévision publique et promouvoir des normes objectives d'imputabilité

  2. Créer un observatoire de la performance des médias audiovisuels au service du progrès social et de la démocratie dans tous les pays du monde

  3. Développer un site Internet pour le CMRTV

  4. Organiser un séminaire sur l'état du service public de radiodiffusion dans le monde (à Montréal à l'automne 2002, à l'occasion du 50e anniversaire de la télévision de Radio-Canada/CBC, premier service de télévision publique en Amérique du Nord et à l'occasion du 30e anniversaire de Télé-Québec)

  5. Utiliser la tribune du Sommet mondial sur la Société de l'information qui se tiendra à Genève en 2003 pour accentuer la visibilité du CMRTV
Activités principales
  • Servir de forum, de lieu de dialogue pour les décideurs, les diffuseurs et les représentants de la société civile

  • Faire le lien entre les organisations interrégionales, nationales, internationales et/ou continentales qui poursuivent les mêmes buts

  • Promouvoir l'idée de service public de radiotélévision par des publications, conférences, réunions et autres événements

  • Recueillir des fonds et autres contributions pour être en mesure d'atteindre les objectifs précédemment énoncés
Facteurs clé de succès
  • Le concept et les buts du CMRTV sont généralement acceptés, perçus comme utiles et même nécessaires

  • Le soutien d'organisations internationales et suprarégionales

  • Plusieurs projets actuels du CMRTV viennent compléter et renforcer des initiatives existantes

  • Une période clé dans le développement de la radiotélévision publique : la révolution numérique donne l'occasion idéale de confronter et d'échanger ses idées, ses expériences

  • Une période clé dans le développement de la société civile : le débat sur la diversité culturelle et l'indépendance de l'information a atteint un momentum sans précédent

  • Une période clé dans l'histoire du service public de radiotélévision : plusieurs pays ont redécouvert les mérites d'un service public de radiotélévision et les limites d'un service audiovisuel abandonné aux forces du marché
Principaux facteurs de risque
  • Agir à l'échelle internationale ne facilite pas la visibilité des activités du CMRTV

  • Après cinq ans d'existence, le CMRTV n'a aucune base de fonctionnement stable (pas de personnel et de ressources fixes)

  • Faible reconnaissance auprès de la société civile et aussi chez les diffuseurs et les agences gouvernementales

  • Le concept de service public de radiotélévision est souvent perçu comme une notion du passé; il y a donc ici danger que le CMRTV utilise un langage du passé pour défendre sa vision

  • La valeur ajoutée du CMRTV n'est pas facile à vendre aux diffuseurs traditionnels qui craignent de nouvelles contraintes dans la conduite de leurs affaires
 
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