Le CMRTV soutient la Fondation Médias et Société www.media-society.org


Une organisation soutenue par l'UNESCO et la Fondation Hoso-Bunka (Tokyo)

Mise à jour : 11.12.2002

 

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  agence mondial I critères I ligne de conduite I conclusion I Fondation Médias & Société  
  MEDIAS ELECTRONIQUES PUBLICS DANS LA SOCIETE DE L'INFORMATION :

Un outil indispensable au bon fonctionnement de la société
 
  Le Sommet Mondial de l'ONU sur la Société de l'Information, qui aura lieu à Genève en décembre 2003, procède de la vision d'un monde qui marche à grands pas vers un formidable potentiel de développement grâce aux technologies de l'information, le principal problème étant de combler le fossé digital entre pays riches et pauvres de la planète. " Je veux me concentrer sur le changement technologique qui transforme déjà la vie sociale et économique : la révolution digitale. ", a déclaré Kofi Annan à l'Assemblée du Millénaire de l'ONU.

La tragédie du 11 septembre nous conduit aujourd'hui à mettre l'accent sur le droit de l'homme à la communication, impliquant l'accès universel à une information indépendante, impartiale et pertinente, que la technologie à elle seule ne saurait garantir.

La société de l'information est une affaire de culture autant que de technique. Elle implique que le citoyen bénéficie d'un droit de participation active, d'un véritable pouvoir sur son environnement social, au moins autant que de l'accès aux nouveaux modes de communication.

 
 

Pour que la société de l'information dispense le savoir - et le pouvoir qui en découle -, il faut un niveau d'information bien plus élevé qu'il ne l'est aujourd'hui, garantissant que les besoins fondamentaux de la société en matière d'information soient satisfaits par les médias électroniques accessibles à la majorité des hommes et des femmes : la radio dans les zones rurales et la télévision dans les centres urbains.

Tout homme et toute femme, partout dans le monde, doit être mis en contact avec les réalités complexes du monde du 21e siècle, et ce à travers des médias parlant sa langue, partageant sa culture et son environnement social. Une tâche immense nous attend pour informer ceux qui sont mal informés, quantitativement et qualitativement.

La radiodiffusion publique ne joue pas seulement un rôle culturel très important; elle est aussi un outil indispensable au bon fonctionnement de la société et à la démocratie, une condition sine qua non de la société de l'information.

Un agence mondiale d'évaluation
des médias électroniques au service de la société

Aucune donnée objective n'étant aujourd'hui disponible sur ce sujet dans une perspective globale, le Conseil Mondial de la Radio-Télévision (CMRTV) met sur pied une agence d'évaluation pour mesurer la performance des médias électroniques au service de la société dans tous les pays du monde.

Cette agence d'évaluation considère la radio, la télévision et les nouveaux services digitaux du point de vue du bon fonctionnement de la société, de la participation des citoyens et du pouvoir qui leur est donné. Là où le paysage audiovisuel est multichaînes, multisupports multimédias, l'agence d'évaluation sera particulièrement attentive à la manière dont les utilisateurs trouvent leurs références éthiques, leurs territoires de confiance, leurs repères de crédibilité dans le labyrinthe des nouveaux services, des nouvelles opportunités et des nouvelles sources d'information et de divertissement qui leur arrivent par toutes sortes de moyens.

Le CMRTV est une organisation non-gouvernementale indépendante, créée il y a dix ans pour promouvoir et défendre la radiodiffusion publique à travers la société civile. La définition du service public établie par le CMRTV, publiée par l'UNESCO en cinq langues, est largement reconnue comme la définition de référence.

C'est une institution suisse, la Fondation Média et Société, avec siège à Genève, qui gèrera l'agence d'évaluation.

Certification internationale de la contribution sociale d'un radiodiffuseur
La Fondation Média et Société gèrera également une agence de certification pour les radiodiffuseurs, sur la base de critères internationalement reconnus de la contribution sociale des médias électroniques.

Le processus de certification comporte une évaluation indépendante de la contribution sociale spécifique du radiodiffuseur concerné, ainsi qu'une assistance à la formation du personnel et à l'amélioration des services.

Le radiodiffuseur ayant obtenu la certification bénéficiera d'un label international de qualité susceptible de conforter sa position vis-à-vis de la société civile, du gouvernement et des organisations internationales.

Définition des indicateurs
Le CMRTV est en train de définir les indicateurs appropriés pour mesurer la contribution sociale des médias électroniques et l'apport objectif des radiodiffuseurs publics à cet égard.

Avec le soutien de la Fondation Hoso-Bunka, Tokyo, Peter Menneer, un consultant britannique, a esquissé une première liste de " critères de performance spécifiques au service public ". Le CMRTV a aussi bénéficié d'un document établi par Paolo Baldi, directeur des Services d'information stratégique de l'UER, " Critères pertinents d'évaluation de la performance des radiodiffuseurs de service public et de leur capacité à rendre compte de leur mandat. "

Fin 2001, la CMRTV a saisi l'occasion d'une réunion stratégique dans les locaux de l'UNESCO, à Paris, regroupant des représentants d'associations de radiodiffuseurs, d'autorités de régulation, de mouvements de la société civile, d'universités, etc., pour solliciter leur point de vue sur ce travail.

Les délégués, en provenance des cinq continents, ont soutenu à l'unanimité le concept de l'agence d'évaluation. Le travail est désormais piloté par un groupe stratégique de sept personnes : Micheline Vaillancourt, directrice de la TV régionale et des affaires régionales de Radio-Canada, Ana Maria Miralles, Université Pontificia Bolivariana, Medellin, Colombie, Valdimir Gaï, Division du développement de la communication, UNESCO, Paris, Abdelkader Marzouki, secrétaire général du CIRTEF (Conseil International des Télévisions d'Expression Française), Bruxelles, Javad Mottaghi, directeur d'AIBD (Asia-Pacific Institute for Broadcasting Development), Kuala Lumpur, Malaisie, John F. Musukuma, secrétaire général de la SABA (Southern African Broadcasting Association), Windhoek, Namibie, Pierre Wiehn, CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel), Paris, et Guillaume Chenevière, Président, CMRTV, Genève, Suisse.

Définir et tester les critères d'évaluation
Le CMRTV est en train de définir les critères d'évaluation qui seront testés pendant l'année 2002.

Le professeur Louis Balme, International Standardization and Certification Services, New York, dirige une recherche préliminaire sur l'évaluation du paysage audiovisuel de cinq ä six pays tests et sur les conditions dans lesquelles les médias électroniques de ces pays peuvent fournir à la société les services qu'elle en attend.

Cela se fait par des interviews de groupe, selon la méthode dite du Diagramme d'Affinité. Trois groupes seront réunis dans chaque pays, le premier représentant les professionnels (gens de télévision, de radio, et de l'internet), le deuxième les utilisateurs (téléspectateurs, auditeurs, internautes), le troisième les experts ( universitaires, écrivains, régulateurs, etc.).

Mark Ellis, The Knowledge Agency, Londres, en collaboration avec Paolo Baldi, UER, a préparé une recherche sur la manière dont les radiodiffuseurs publics européens rendent compte de l'exercice de leur mandat. Le but de ce travail n'est pas seulement de collecter et de consolider des données, mais aussi de créer un mouvement international pour l'adoption de standards de mesure de la performance spécifique du service public. Il est en effet urgent de promouvoir des mesures plus significatives pour le service public que les seuls chiffres d'audience.

L'agence d'évaluation prévoit de démarrer son activité en 2003 dans quelques pays tests et de devenir opérationnelle en 2004.

La phase de définition et de test est financée par la Fondation Hoso-Bunka, Tokyo, et par la Direction du Développement et de la Coopération du gouvernement suisse, Berne. Un soutien est également espéré de l'OFCOM, autorité de régulation helvétique, et de l'UER.

Lignes de conduite pour l'établissement des critères

1) Exigences techniques, politiques et économiques

  • Sous l'angle technique, les critères choisis doivent être clairs, faciles à mesurer et, dans toute la mesure du possible, indiscutables


  • Sous l'angle politique, ils doivent être acceptables par les radiodiffuseurs de service public reconnus, les autorités de régulation, les organisations internationales, etc. Le CMRTV veut des standards qui fassent l'objet d'un consensus général.


  • Sous l'angle économique , les informations doivent être accessibles sans que cela implique des dépenses mettant en péril la faisabilité de l'opération. Il serait absurde d'exiger des données d'audience dans les pays qui n'en disposent pas ; le CMRTV n'est pas en mesure de créer et de gérer des instituts de recherche…
2) Approche variable en fonction des différences régionales

Même s'il existe un tronc commun de référence , les critères appliqués varieront d'un continent à l'autre et, sur le même continent, d'une région à l'autre.

Dans les pays industriels modernes, le public bénéficie de services audiovisuels nombreux et variés ; une multitude de données sont accessibles. Le problème est celui de la sélection : de quels services la société a-t-elle besoin ? tous les citoyens y ont-ils bien accès ? comment les distinguer des divertissements futiles et des informations biaisées qui envahissent les ondes et les réseaux ?

Dans les pays en développement, les services sont moins nombreux et les données lacunaires.
Il convient de se concentrer sur des éléments de base dont la définition opérationnelle est très signifiante : financement, contenu local, indépendance effective, impartialité dans la présentation des faits, représentation des minorités, etc.

Dans les sociétés en transition vers la démocratie, on veillera à la présence de services essentiels que les textes de référence européens et nord-américains négligent souvent : cohésion nationale, prévention des conflits, réconciliation au lendemain des conflits, dialogue entre des intérêts opposés, justice sociale, développement économique, information pertinente couvrant tous les sujets utiles aux citoyens, etc.

3) Trois angles d'approche seront utilisés et probablement combinés :

3a) Définition du service public

La brochure du CMRTV, publiée par l'UNESCO, " La radiodiffusion publique : pourquoi ? comment ? " fournit une définition largement reconnue du service public, dont les critères de base sont les suivants :

3a1, accès à la majorité de la population, dans tous les segments (âge, sexe, religion, revenu, lieu d'habitation, couche socio-professionnelle, etc.)

3a2, diversité des contenus correspondant ä la diversité des intérèts, des opinions, et des cultures au sein du public visé.

3a3, contenu local et national reflétant la société dans laquelle les auditeurs-téléspectateurs vivent

3a4, indépendance, impartialité, et pertinence de l'information, susceptible d'éclairer les citoyens et de nourrir la vie démocratique.

3a5, qualité et créativité : standards élevés, programmes laissant une trace et élargissant la palette des choix

3a6, promotion de la culture nationale, y compris la production audiovisuelle, mais aussi du pluralisme culturel

3a7, financement stable et adapté aux besoins, indépendant des pressions politiques ou commerciales

3a8, statut légal garantissant une indépendance réelle vis-à-vis de l'état
Les critères 3a 3,7, et 8 peuvent être évalués objectivement au moyen d'une grille standard (voir note 1).

Le critère 3a1 peut être mesuré, si les données d'audience existent, par le calcul de la pénétration, dont Peter Menneer a souligné combien elle est plus significative pour le service public que la part de marché. D'autres indicateurs, évoqués par Paolo Baldi, pourraient être retenus : nombre de récepteurs, puissance et rayon d'action des émetteurs, présence ou non de supports techniques théoriquement disponibles, etc.

Les critères 3a 2, 4, 5 et 6 nécessitent une approche plus complexe (voir note 2)

3b) Ecologie du paysage audiovisuel
La Conférence de Windhoek 2001, organisée par l'UNESCO en Namibie pour célébrer le 10e anniversaire de la Déclaration de Windhoek sur la liberté de la presse, a donné l'occasion à la société civile africaine de souligner son besoin de disposer de médias électroniques libres et pertinents. Un projet de " Charte africaine de la radiodiffusion " a été discuté et approuvé par l'assemblée ; il définit les critères de base pour un paysage audiovisuel équilibré et sain :
3b1, système de radiodiffusion à trois piliers : public, commercial, communautaire

3b2, liberté d'expression, diversité, libre circulation des idées et de l'information

3b3, autorités de régulation indépendantes du gouvernement et
des partis politiques

3b4, processus transparent et ouvert pour l'attribution des fréquences

3b5, quotas de contenu local et de productions indépendantes locales

3b6, transformation des radiodiffuseurs d'état en services publics, avec un mandat explicite, la liberté éditoriale, la participation du public, et l'interdiction de toute ligne partisane dans les reportages et les programmes, en matière de religion, de conviction politique, de culture, de race et de sexe.

3b7, radiodiffusion communautaire définie comme radiodiffusion par, pour et sur la communauté, dont la propriété et le management représentent la communauté, qui ne poursuit aucun but lucratif, mais un objectif de développement social.

3b8, accès aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, en particulier à travers des centres gérés par la communauté.
Tous ces critères, sauf 3b2, peuvent être évalués objectivement en remplissant une grille standard (voir note 1). 3b2 nécessite une approche plus complexe (voir note 2)

3c) Besoins et attentes du public
La recherche qualitative sur l'audience montre que le public a des besoins et des attentes de services bien définis de ses médias électroniques, mais qu'il voit souvent les médias, surtout la télévision, comme de lourdes machines sur lesquelles il n'a pas d'influence, soit parce qu'ils sont contrôlés par l'état, soit parce qu'ils proviennent de sources lointaines, par exemple Hollywood.

Une recherche conduite en Suisse en 1998 montre que le public attend de ses médias un rôle social et moral :

  • servir les minorités

  • présenter et commenter des points de vue multiples sur les faits

  • promouvoir des services individualisés ( interactivité, programmes à la demande, etc.)
Dans son témoignage de 1999 pour justifier une augmentation de sa redevance, la BBC résume ainsi les besoins et les attentes de la société à son égard :
  • une force
  • civilisatrice
  • des standards de qualité et d'innovation

  • la promotion du débat démocratique

  • des investissements moteurs dans la production nationale de qualité

  • la " colle " culturelle qui assure la cohésion nationale

  • un impact sur l'éduction

  • le développement d'une société de l'information pour tous, pas pour quelques-uns
Une comparaison des résultats de ce type dans les différents pays où ils ont été analysé pourrait fournir une typologie de besoins et d'attentes standard.


Conclusion

L'agence d'évaluation gérée par la Fondation Média et Société fournira un diagnostic objectif et régulièrement actualisé de l'impact social des médias électroniques dans chaque pays. Elle fournira un diagnostic du même type pour les services transnationaux, CNN, BBC World, Al Jazeera, Euronews, etc.

Il appartiendra au CMRTV de développer des recommandations, des avertissements, et des signaux d'alerte sur la base des informations fournies par l'agence et de décider à qui il entend les adresser (presse, gouvernements, etc.).

L'agence examinera l'impact social de l'ensemble du système de radiodiffusion de chaque pays, avec ou sans service public, mais le CMRTV est persuadé que la présence d'un service public bona fide améliore sensiblement la situation et se réjouit de le démontrer.

Le CMRTV est la première " cible " de l'agence, qui est néanmoins disposée à fournir ses données à toutes les organisations intéressées : autorités de régulation, associations de radiodiffuseurs, organisation internationales, agences gouvernementales, mouvements de la société civile, universités, industries, radiodiffuseurs individuels, etc.

Un paysage audiovisuel sain et équilibré, où les besoins et les attentes des citoyens sont pris en considération, est essentiel à la bonne gouvernance de la société et à la démocratie. C'est une condition sine qua non de la société de l'information.

L'agence d'évaluation de la Fondation Média et Société fournira à la communauté internationale une vue claire et objective de la situation à cet égard.

Par son processus de certification, elle fournira aux radiodiffuseurs publics à travers le monde un label international de qualité et un appui dans la formation de leur personnel et dans l'amélioration de leur service à la société.

 
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