La création d'un observatoire mondial des médias électroniques
était l'un des objectifs les plus importants de notre réunion
de novembre, mais je me suis aperçu que le vocable d'observatoire
crée la confusion avec d'autres observatoires existants.
Je l'ai abandonné au profit du terme " agence d'évaluation
et de certification " ( en anglais : rating and certification
agency), qui dit clairement ce que nous allons faire. La
notion de certification est très importante, car elle permet
d'assortir le diagnostic du paysage audiovisuel de chaque pays d'une
proposition thérapeutique. Offert soit directement aux radiodiffuseurs,
soit à leurs gouvernements, le processus de certification
est une voie vers la réalisation d'un véritable service
public. Bien entendu, ce processus de certification s'appuiera sur
les organismes compétents dans les régions concernées,
tel l'AIBD dans l'Asie-Pacifique. Je pense que de nombreux gouvernements
pourraient être intéressés à financer
la certification de leur radio-télévision nationale,
pour bénéficier d'un label de qualité internationalement
reconnu par un organe indépendant.
2) Critères d'évaluation
Le Professeur Balme, un spécialiste reconnu de la certification
dans l'industrie, part de l'idée que des standards internationaux
existent implicitement et qu'il s'agit de les formuler afin de
constituer le tronc commun de toutes les certifications, même
si le processus prend en compte les particularités régionales,
voire locales.
Pour effectuer une première évaluation des standards
susceptibles de mesurer les services qu'une société
est en droit d'attendre de ses médias électroniques,
M. Balme conduira des interviews de groupes dans cinq à
six pays aussi différents que possible les uns des autres.
Ces interviews utilisent une méthode japonaise, perfectionnée
au MIT, qui produit des résultats cohérents et comparables
d'un groupe à l'autre, d'un pays à l'autre. Trois
groupes seront réunis dans chaque pays pour représenter
l'un les producteurs (gens de radio, de TV, des nouveaux médias),
le deuxième les utilisateurs (auditeurs, téléspectateurs,
internautes), le troisième les experts (universitaires,
écrivains, régulateurs, etc.).
3) Measures of PSB Accountability
Paolo Baldi (UER) et Mark Ellis (The Knowledge Agency, Londres)
ont préparé une recherche sur les éléments
objectifs que les radiodiffuseurs européens fournissent
à leurs gouvernements respectifs pour valider leur statut
de service public. En s'adressant aux services de recherche des
membres de l'UER, aux responsables de la stratégie institutionnelle
des dits membres, aux organes de régulation et aux instituts
de recherche, Mark Ellis entend recenser et collationner ce qui
se fait, mais aussi motiver ses interlocuteurs sur la nécessité
et les perspectives d'une collaboration internationale en la matière.
Le service rendu à la société par les radiodiffuseurs,
justifiant leur statut de service public, ne peut se mesurer en
termes de parts d'audience. D'autres critères doivent être
retenus et popularisés, mais cela exige une volonté
générale de tous les acteurs.
Pour le moment, nous n'avons pas les moyens de financer cette
étude. Je travaille sur le dossier.
4) Sommet Mondial de la Société
de l'Information
( WSIS, World Summit on the Information Society), Genève.
Décembre 2003
Ce sommet de l'ONU, confié à l'Union Internationale
des Télécommunications (UIT), rassemblera les chefs
d'état, les PDG de l'industrie, et les représentants
de la société civile.
La préparation du sommet est encore en plein brouillard.
Une chose est certaine : contrairement à l'intention initiale
des organisateurs, ce seront les contenus qui domineront les débats,
pas la technologie.
Le CMRTV soutient la thèse que la radiodiffusion publique
est une condition sine qua non de la société de
l'information, car elle seule peut faire en sorte que la majorité
des citoyens, dans la majorité des pays, disposent d'un
niveau d'information leur permettant d'utiliser les nouvelles
technologies à leur profit.
Le CMRTV entend rassembler toutes les organisations qui peuvent
se rencontrer autour d'une telle plate-forme, car d'innombrables
organisations tentent de faire valoir leurs intérêts
au Sommet et il n'est guère possible de faire entendre
une voix isolée. Vos suggestions sont les bienvenues.
5) Porter le projet du CMRTV
Grâce à Javad Mottaghi, j'ai participé à
un séminaire de l'AIBD à Djakarta sur la transition
de la radio-télévision d'état indonésienne
vers le service public. J'ai également assisté au
steering committee de PBI à Hong Kong, occasion de rencontres
utiles avec des collègues du service public de divers pays.
Le projet du CMRTV rencontre partout un vif intérêt.
J'ai reçu plusieurs mots d'encouragement d'anciens membres
du CMRTV qui ont reçu le p-v de notre séance de
Paris. Reinhard Keune, le spécialiste médias de
la puissante fondation allemande FES, a rédigé un
grand article intitulé " Toward a Global Public Sphere
", dans lequel il soutient fortement notre initiative.
6) Financement
La Fondation Hoso-Bunka et la Direction du Développement
et de la Coopération du gouvernement suisse m'ont accordé
environ 100.000 francs suisses en tout. J'espère aussi
une subvention de l'OFCOM, l'autorité de régulation
helvétique, et peut-être l'aide de l'UER. En regard
des besoins et du court délai qui nous sépare du
WSIS, d'autres ressources sont nécessaires. Si vous avez
des idées, n'hésitez pas à m'en faire part.
7) Assemblée générale
du CMRTV
Comme promis à Paris, nous organisons, grace à
Micheline Vaillancourt et à Radio-Canada, une assemblée
générale du CMRTV à Montreal les jeudi 21
et vendredi 22 novembre 2002.
Dans le cadre des 50 ans de Radio-Canada et des 30 ans de Radio-Québec,
en collaboration avec l'Université du ¨Québec
et le réseau Orbicom, Micheline a prévu une journée
d'ateliers, le jeudi, sur le thème " La Radiodiffusion
publique dans la société de l'information ".
Le lendemain vendredi aura lieu, le matin, l'assemblée
générale du CMRTV, qui discutera le plan stratégique
et qui nommera un nouveau conseil d'administration.
Le nouveau C.A. siègera l'après-midi du même
jour.
Merci d'avance de votre appui, mais aussi de vos critiques et
remarques. Je compte beaucoup sur vos réactions.
Très cordialement,
Guillaume Chenevière

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