Assemblée générale du CMRTV, Montréal, 21.11.2003.

Une organisation soutenue par l'UNESCO et la Fondation Hoso-Bunka (Tokyo)

Mise à jour : 11.12.2002

 

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  projet I service public I plan d'action I commmentaires I participants  
  COMPTE-RENDU DE LA REUNION D'ORIENTATION STRATEGIQUE DU CMRTV
21 AND 22 NOVEMBER 2001 À L'UNESCO - PARIS

 
  MERCREDI 21 NOVEMBRE 2001de 9h00 à 18h30

MOT DE BIENVENUE

En remplacement de Vladimir Gaï en convalescence et au nom de notre hôte M. Claude Ondobo Ndzana, M. Miguel Sales du Programme pour la liberté d'expression, la démocratie et la paix de l'UNESCO souhaite la bienvenue aux participants.

INTRODUCTION

Le nouveau président du CMRTV Guillaume Chenevière remercie les participants (voir liste ci-jointe) d'avoir répondu nombreux à son invitation et leur souhaite la bienvenue.

Même si l'invitation initiale faisait référence à une réunion du Conseil d'administration du CMRTV, la présente rencontre n'est pas un C.A. mais une réunion d'orientation stratégique du CMRTV.

 
  En mars 2001, M. Pierre Juneau, le fondateur du CMRTV, confiait les rênes du Conseil à un nouveau comité exécutif formé de : Guillaume Chenevière (Suisse), Micheline Vaillancourt (Radio-Canada), Bob O'Reilly (PBI,CBA, qui a quitté depuis), Javad Mottaghi (Asia-Pacific Institute for Broadcasting) et Vladimir Gaï (UNESCO).

M. Chenevière remercie l'UNESCO et la Société Radio-Canada pour leur aide qui a permis la tenue de la présente réunion. Cependant, les moyens à notre disposition ne permettaient pas d'inviter tous les membres actuels du C.A. qui sont au nombre de 38.
Plusieurs invités intéressés à nos travaux n'ont malheureusement pu venir. Il s'agit entre autres de David Barlow, conseiller aux relations internationales à la BBC et notre lien avec PBI, Gaetano Stucchi de l'UER, Huw Jones, directeur exécutif de S4C, du Pays de Galles, Karol Jakubowicz de la Pologne, Pui-hing Chu et Tai Keen Man de la RTHK (Hong-Kong) où se tiendra la prochaine réunion du PBI, Ian Morrisson, secrétaire général de Friends of Canadian Broadcasting, Abdelhafidh Harguem, secrétaire général de l'Arab States Broadcasting Union (ASBU) et Thérèse Paquet-Sévigny, conseillère à ORBICOM.

Le rôle du CMRTV est de défendre l'idée que tout pays doit avoir une radiotélévision publique au même titre que des services de santé publique, d'instruction publique, de travaux publics…

Le CMRTV a notamment publié :

  • Un document définissant le service public "La radiotélévision publique Pourquoi? Comment?". Ce document a été publié en 5 langues (anglais, français, espagnol, russe et arabe) et une traduction en danois est en préparation par l'entremise de Bo Torp Pedersen. Il sert de fil rouge à un important travail qui vient d'être publié par les professeurs Monroe E. Price (Oxford) et Marc Raboy (Montréal) sur le thème " Public Service Broadcasting in Transition ". Vous trouverez ce rapport à l'adresse suivante : www.eim.org.

  • La Déclaration de Rabat rappelle les recommandations adressées aux gouvernements africains par les participants à la Conférence de Rabat sur la radiotélévision publique en Afrique, organisée par le CMRTV en septembre 2000.
Le Président a participé en mai 2001 à une conférence organisée par l'UNESCO à Windhoek (Namibie) pour célébrer les 10 ans de la Déclaration de Windhoek sur la liberté de la presse, qui a initié la reconnaissance internationale de cette liberté fondamentale. Les participants à la conférence de 2001 ont insisté sur l'importance primordiale des médias électroniques, qui n'étaient pas couverts par la Déclaration de 1991. Un groupe de travail auquel a participé le Président du CMRTV a rédigé et fait adopter un texte intitulé "African Charter on Broadcasting 2001", qui définit ce que devrait être le paysage audiovisuel de chaque pays et qui donne une place importante au service public.

Le Président a participé également à deux journées de préparation du Sommet mondial sur la Société de l'Information, organisé par l'ONU à travers l'UIT, en collaboration avec l'UNESCO, qui se tiendra à Genève du 10 au 12 décembre 2003. Il réunira des représentants des gouvernements ( au niveau des chefs d'état), de l'industrie et de la société civile.

Le CMRTV veut se positionner pour cette importante rencontre. Il ne faut pas que le débat se limite à des objectifs technologiques. Au nom des citoyens, il faudra mettre de l'avant leur droit à une information pertinente et indépendante et à l'accès pour tous aux sources de la connaissance.
PROJET DE PLAN STRATÉGIQUE

Guillaume Chenevière présente les grandes lignes du projet de plan stratégique que les participants ont reçu préalablement.

Un point majeur de cette proposition est la création d'un observatoire mondial de la contribution des médias électroniques au développement de la société et de la démocratie, pays par pays. Par cette contribution, le CMRTV pourrait aider la communauté internationale à jouer pleinement son rôle dans le développement d'une Société de l'information au service des citoyens.

GC pense trouver en Suisse des fonds pour la création et le fonctionnement d'un tel observatoire.

Pour les autres activités et surtout le fonctionnement du CMRTV, il faut remercier l'UNESCO et Radio-Canada, qui nous permettent de survivre, mais d'autres ressources sont indispensabes. La question des finances du CMRTV sera discutée le jeudi 22. Pour la première réunion, M. Chenevière demande aux participants de se prononcer à tour de rôle sur les objectifs et le plan d'action proposés (pages 8 et 9 du projet de plan stratégique).

Commentaires généraux et propositions des participants :
  • On est généralement d'accord avec les objectifs et le plan d'action, mais les objectifs sont trop nombreux et le plan trop ambitieux.

  • Avant de mettre en place une nouvelle structure, on suggère d'analyser la précédente. Le statut juridique du CMRTV doit être redéfini.

  • Faire passer l'action du CMRTV par la société civile est bien, mais il faut avoir de celle-ci une vision large, qui n'inclut pas seulement les ONG, mais aussi les organismes régulateurs (au nombre de 50 dans le monde), les diffuseurs. Le CMRTV devra être vigilant quant à l'indépendance et aux objectifs poursuivis par certaines ONG.

  • Le CMRTV doit être largement représentatif de la diversité culturelle et
    du dialogue Nord-Sud.

  • Il est important d'éviter la duplication avec ce qui a été fait ou ce qui se fait déjà dans d'autres organisations qui poursuivent les mêmes objectifs ou des objectifs connexes : les régulateurs, les associations de radiodiffuseurs, les associations de téléspectateurs, les représentants de l'opinion publique, les universités, les centres de recherche, les parlementaires, les cercles politiques, etc. Il est important d'entrer en contact, d'établir un réseau de communication, de se coordonner, de s'inspirer de ce qui a déjà été fait (ex : les ateliers de formation d'associations d'auditeurs-téléspectateurs de Voice of the Listener&Viewer ) et de créer des synergies. Le CMRTV doit jouer un rôle complémentaire englobant ce qui se fait déjà.

  • Le CMRTV ne doit pas s'isoler, se parler à lui-même, convaincre les convertis. Il doit se faire entendre et entrer en dialogue avec ceux qui ne croient pas aux vertus du service public, aux indifférents, il faut cibler notre auditoire. Il est important d'éduquer et de sensibiliser le public, certes composé de citoyens, mais aussi et de plus en plus de consommateurs aux valeurs individualistes.

  • Le CMRTV ne doit pas tenir un discours traditionnel, passéiste, ni s'attaquer au privé.

  • Le service public a besoin du privé, grâce à qui il est plus facile d'échapper à la tutelle des gouvernements en matière d'information et les privés ont besoin du public qui les libère d'obligations non rentables et qui, grâce au financement public, exerce une moindre pression sur le marché publicitaire.

  • Le CMRTV devrait regrouper les informations sur les intérêts financiers dans le monde audiovisuel. Ces informations et leur analyse devraient être disponibles sur l'Internet et portées à l'attention des radiodiffuseurs et décideurs du milieu audiovisuel.

  • Le CMRTV devrait aider les radiodiffuseurs, notamment en Afrique, à mesurer leur auditoire et à évaluer les attentes et besoins du public
Échange sur la définition du service public :
  • Le CMRTV doit redéfinir le critère de service public.

  • Il est difficile de donner une définition de service public car chaque pays est différent et certains ont encore un système de radio-télévision d'état.

  • Un service public est au service du public et financé par le public.

  • Alors que les services privés de radiodiffusion répondent de plus en plus à des critères de globalisation, le service public est au service de la dynamique nationale. Le service public est un lieu où la diversité culturelle des pays et des régions peut et doit s'exprimer.

  • La liberté du citoyen implique le droit à l'expression et le choix de ses sources d'information.

  • Il faut prouver par les faits que le service public est nécessaire, qu'il apporte une contribution spécifique à la société.

  • Le service public suit les tendances. Avec les événements du 11 septembre, on a constaté l'importance stratégique du service public.

  • Le service public suit le cours de la situation économique. Quand ça va bien on y investit, quand ça va mal on a tendance à réduire ses budgets.

  • Certains craignent que le coût du numérique ne mette en danger les services publics déjà aux prises avec des problèmes de financement.

Discussion sur le plan d'action :
  • Pour être en mesure de rejoindre son auditoire partout dans le monde, le CMRTV doit se doter d'un site Internet. G. C. est d'avis que c'est une priorité et il a déjà approché une petite équipe en Suisse qui pourrait concevoir ce site. Il y aurait possibilité de collaborer avec des sites existants. Mme Smith nous informe de l'existence d'un site www.publicservicebroadcasting.com construit conjointement par le PBI et l'UNESCO (Vladimir Gaï). D'autres participants insistent pour que le CMRTV se dote d'un site propre, en lien avec les sites d'organisations membres ou connexes.

  • Le CMRTV doit être plus proactif que réactif. Un outil comme le web pourrait servir à donner des signaux d'alarme.

  • Il est important que les organismes dont les missions sont parallèles ou convergentes restent en lien et communiquent entre eux. G.C. reconnaît l'importance de se coordonner aux autres. Avec le PBI, nous participerons dorénavant à nos réunions réciproques. Si David Barlow n'a pu être des nôtres cette fois-ci, G.C. se rendra à Hong-Kong pour le steering committee de PBI. Le CMRTV pourrait aussi rejoindre la Plate-forme pour les droits de la communication, très active pour représenter la société civile au Sommet mondial sur la Société de l'Information. Guillaume leur écrira pour en savoir davantage sur les autres membres de la plate-forme et fera circuler l'information.

  • Le CMRTV devrait également solliciter la collaboration de l'association des régulateurs. Pierre Wiehn fera le suivi à cet effet.

  • Le CMRTV ne devrait pas investir le domaine de la formation des auditeurs-téléspectateurs en Afrique francophone, puisque VLV prend en charge ce domaine.

  • Une conférence en Europe de l'Est sur l'apport d'un service audiovisuel public serait un geste significatif si on y invite des grands noms à titre de conférenciers. Une telle conférence aiderait à faire progresser l'idée de service public alors que le commercial prend de plus en plus d'ampleur. Il semble toutefois que l'OSCE étudie un tel projet. Le CMRTV pourrait s'associer à la conférence envisagée par l'OSCE.

  • Il faudrait aussi prévoir de telles rencontres en Afrique francophone, mais limiter l'événement au niveau d'un pays : susciter le débat au niveau national au moyen d'ateliers animés par des experts.

  • On suggère d'organiser des campagnes médiatiques de sensibilisation de l'opinion publique suivant le modèle déployé par le Conseil de l'Europe lors de campagnes sur des thèmes comme la tolérance, le racisme,etc.

  • On suggère aussi de se doter d'une revue, d'un bulletin d'information, en plus du site Internet. Une fois l'observatoire en place, on disposera d'informations pour alimenter une telle publication.
Suite aux discussions, des modifications ont été apportées aux objectifs et au plan d'action ( initialement les pages 8 et 9 du projet de plan stratégique du CMRTV).

DÉJEUNER OFFERT PAR L'UNESCO

En présence de M. Claude Ondobo Ndzana, directeur de la division du développement et de la communication de l'UNESCO.

Discussion sur les critère d'évaluation d'un service public


Présentation de Paolo Baldi, directeur du service d'information stratégique (SIS) de l'UER en réponse à la question du CMRTV : comment mesurer la contribution spécifique des médias électroniques de service public au bon fonctionnement de la société et de la démocratie?

Cet objet est très important. Il conditionne le travail de l'observatoire envisagé. Il est aussi le seul pour lequel le CMRTV s'est d'ores et déjà assuré un financement (Fondation Hoso-Bunka, Tokyo, Direction du Développement et de la Coopération du gouvernement suisse, Berne).

Voir le document Power Point de M. Baldi : PSB's performance and accountability - Looking for pertinent evaluation criteria. Ce document de 10 pages qui a été remis aux participants est disponible en version papier ou numérisée auprès du CMRTV.

Les membres de l'UER peuvent obtenir des informations stratégiques sur le site Internet du SIS et ont accès à une banque de données interactives.

Les principaux domaines retenus par Paolo Baldi pour définir des critères d'évaluation du service public audiovisuel sont : l'existence d'un mandat et la structure du marché, la programmation (contenus spécifiques), la production (notamment la production propre, régionale ou nationale), le territoire (encouragement à la culture nationale), l'accès universel (présence sur tous les supports et dans tous les secteurs de la population), l'efficience.


Aperçu des commentaires des participants :
  • L'imputabilité du service public est importante.

  • Il faut des indicateurs mesurables, des paramètres, des indicateurs de rendement en accord avec les objectifs et les moyens.

  • Il faudra adapter les indicateurs et les mesures de rendement aux différences qui existent entre les pays, entre les marchés. Il faut trouver des instruments mesurables qui soient à la portée des télévisions en voie de devenir des services publics. Le modèle est conçu pour le Nord, il faudra l'adapter aux pays du Sud. Il faut établir différents niveaux de mesures.

  • Le service public a besoin de mesures d'évaluation d'audience, or plusieurs pays du Sud n'en ont pas les moyens.

  • La programmation est le domaine où le service public se distingue du privé.

  • Le contenu et l'identification locale sont des aspects importants du service public.

  • On ne devrait pas se limiter à considérer les émissions par genre, car le public est de plus en plus sensible à des formes intermédiaires (infotainment, etc.)

  • Il ne faut pas évacuer la notion de divertissement, de plaisir qui est aussi une fonction du service public. Il ne faut pas ghettoiser le service public en le limitant aux contenus sérieux, en le vidant de son contenu divertissant. Il faut que le service public soit agréable à regarder et à écouter.

  • Si les gens ne se reconnaissent pas dans la télévision, elle va disparaître. La clé, c'est la proximité et la connaissance de son public.

  • Le financement est une question capitale pour les services publics qui ne peuvent se passer de la publicité. Le financement commercial risque de changer la façon dont on acquière et dont on produit les programmes.

  • Le service public ne doit pas suivre la tendance du marché et se limiter à ce qui est rentable, au détriment de la diversité, et en fin de compte de la démocratie. Cependant il ne faut pas refuser la confrontation avec le privé, mais gagner le public par une plus grande créativité.

  • Pour mesurer la qualité, il faut d'abord la définir en fonction des objectifs.

  • Chaque média doit être considéré et évalué comme un tout et non à travers ses parties (émissions ou catégories de programme individuels).

  • Il faut que les indicateurs retenus soient techniquement mesurables, politiquement acceptables et économiquement réalisables.
La participation effective du SIS à ce projet dépendra des besoins exprimés par le CMRTV et de l'intérêt de l'UER pour la démarche.

Guillaume Chenevière demande aux participants d'analyser le document de M. Baldi, et de lui transmettre leurs commentaires et suggestions.

DÎNER OFFERT PAR LE CMRTV À 20H00

 
     
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