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En mars 2001, M. Pierre Juneau, le fondateur du CMRTV, confiait
les rênes du Conseil à un nouveau comité exécutif
formé de : Guillaume Chenevière (Suisse), Micheline
Vaillancourt (Radio-Canada), Bob O'Reilly (PBI,CBA, qui a quitté
depuis), Javad Mottaghi (Asia-Pacific Institute for Broadcasting)
et Vladimir Gaï (UNESCO).
M. Chenevière remercie l'UNESCO et la Société
Radio-Canada pour leur aide qui a permis la tenue de la présente
réunion. Cependant, les moyens à notre disposition
ne permettaient pas d'inviter tous les membres actuels du C.A. qui
sont au nombre de 38.
Plusieurs invités intéressés à nos travaux
n'ont malheureusement pu venir. Il s'agit entre autres de David
Barlow, conseiller aux relations internationales à la BBC
et notre lien avec PBI, Gaetano Stucchi de l'UER, Huw Jones, directeur
exécutif de S4C, du Pays de Galles, Karol Jakubowicz de la
Pologne, Pui-hing Chu et Tai Keen Man de la RTHK (Hong-Kong) où
se tiendra la prochaine réunion du PBI, Ian Morrisson, secrétaire
général de Friends of Canadian Broadcasting, Abdelhafidh
Harguem, secrétaire général de l'Arab States
Broadcasting Union (ASBU) et Thérèse Paquet-Sévigny,
conseillère à ORBICOM.
Le rôle du CMRTV est de défendre l'idée que
tout pays doit avoir une radiotélévision publique
au même titre que des services de santé publique, d'instruction
publique, de travaux publics
Le CMRTV a notamment publié :
- Un document définissant le service public "La
radiotélévision publique Pourquoi? Comment?".
Ce document a été publié en 5 langues (anglais,
français, espagnol, russe et arabe) et une traduction
en danois est en préparation par l'entremise de Bo Torp
Pedersen. Il sert de fil rouge à un important travail
qui vient d'être publié par les professeurs Monroe
E. Price (Oxford) et Marc Raboy (Montréal) sur le thème
" Public Service Broadcasting in Transition ". Vous
trouverez ce rapport à l'adresse suivante : www.eim.org.
- La Déclaration de Rabat rappelle les recommandations adressées
aux gouvernements africains par les participants à la Conférence
de Rabat sur la radiotélévision publique en Afrique, organisée
par le CMRTV en septembre 2000.
Le Président a participé en mai 2001 à une
conférence organisée par l'UNESCO à Windhoek
(Namibie) pour célébrer les 10 ans de la Déclaration
de Windhoek sur la liberté de la presse, qui a initié
la reconnaissance internationale de cette liberté fondamentale.
Les participants à la conférence de 2001 ont insisté
sur l'importance primordiale des médias électroniques,
qui n'étaient pas couverts par la Déclaration de 1991.
Un groupe de travail auquel a participé le Président
du CMRTV a rédigé et fait adopter un texte intitulé
"African Charter on Broadcasting 2001", qui définit
ce que devrait être le paysage audiovisuel de chaque pays
et qui donne une place importante au service public.
Le Président a participé également à
deux journées de préparation du Sommet mondial sur
la Société de l'Information, organisé par l'ONU
à travers l'UIT, en collaboration avec l'UNESCO, qui se tiendra
à Genève du 10 au 12 décembre 2003. Il réunira
des représentants des gouvernements ( au niveau des chefs
d'état), de l'industrie et de la société civile.
Le CMRTV veut se positionner pour cette importante rencontre. Il
ne faut pas que le débat se limite à des objectifs
technologiques. Au nom des citoyens, il faudra mettre de l'avant
leur droit à une information pertinente et indépendante
et à l'accès pour tous aux sources de la connaissance.
PROJET DE PLAN STRATÉGIQUE
Guillaume Chenevière présente les grandes lignes du
projet de plan stratégique que les participants ont reçu
préalablement.
Un point majeur de cette proposition est la création d'un
observatoire mondial de la contribution des médias électroniques
au développement de la société et de la démocratie,
pays par pays. Par cette contribution, le CMRTV pourrait aider la
communauté internationale à jouer pleinement son rôle
dans le développement d'une Société de l'information
au service des citoyens.
GC pense trouver en Suisse des fonds pour la création et
le fonctionnement d'un tel observatoire.
Pour les autres activités et surtout le fonctionnement du
CMRTV, il faut remercier l'UNESCO et Radio-Canada, qui nous permettent
de survivre, mais d'autres ressources sont indispensabes. La question
des finances du CMRTV sera discutée le jeudi 22. Pour la
première réunion, M. Chenevière demande aux
participants de se prononcer à tour de rôle sur les
objectifs et le plan d'action proposés (pages 8 et 9 du projet
de plan stratégique).
Commentaires généraux et propositions des participants
:
- On est généralement d'accord avec les objectifs
et le plan d'action, mais les objectifs sont trop nombreux et
le plan trop ambitieux.
- Avant de mettre en place une nouvelle structure, on suggère
d'analyser la précédente. Le statut juridique
du CMRTV doit être redéfini.
- Faire passer l'action du CMRTV par la société
civile est bien, mais il faut avoir de celle-ci une vision large,
qui n'inclut pas seulement les ONG, mais aussi les organismes
régulateurs (au nombre de 50 dans le monde), les diffuseurs.
Le CMRTV devra être vigilant quant à l'indépendance
et aux objectifs poursuivis par certaines ONG.
- Le CMRTV doit être largement représentatif de
la diversité culturelle et
du dialogue Nord-Sud.
- Il est important d'éviter la duplication avec ce qui
a été fait ou ce qui se fait déjà
dans d'autres organisations qui poursuivent les mêmes
objectifs ou des objectifs connexes : les régulateurs,
les associations de radiodiffuseurs, les associations de téléspectateurs,
les représentants de l'opinion publique, les universités,
les centres de recherche, les parlementaires, les cercles politiques,
etc. Il est important d'entrer en contact, d'établir
un réseau de communication, de se coordonner, de s'inspirer
de ce qui a déjà été fait (ex :
les ateliers de formation d'associations d'auditeurs-téléspectateurs
de Voice of the Listener&Viewer ) et de créer des
synergies. Le CMRTV doit jouer un rôle complémentaire
englobant ce qui se fait déjà.
- Le CMRTV ne doit pas s'isoler, se parler à lui-même, convaincre
les convertis. Il doit se faire entendre et entrer en dialogue
avec ceux qui ne croient pas aux vertus du service public, aux
indifférents, il faut cibler notre auditoire. Il est important
d'éduquer et de sensibiliser le public, certes composé de citoyens,
mais aussi et de plus en plus de consommateurs aux valeurs individualistes.
- Le CMRTV ne doit pas tenir un discours traditionnel, passéiste,
ni s'attaquer au privé.
- Le service public a besoin du privé, grâce à
qui il est plus facile d'échapper à la tutelle
des gouvernements en matière d'information et les privés
ont besoin du public qui les libère d'obligations non
rentables et qui, grâce au financement public, exerce
une moindre pression sur le marché publicitaire.
- Le CMRTV devrait regrouper les informations sur les intérêts
financiers dans le monde audiovisuel. Ces informations et leur
analyse devraient être disponibles sur l'Internet et portées
à l'attention des radiodiffuseurs et décideurs
du milieu audiovisuel.
- Le CMRTV devrait aider les radiodiffuseurs, notamment en Afrique,
à mesurer leur auditoire et à évaluer les
attentes et besoins du public

Échange sur la définition
du service public :
- Le CMRTV doit redéfinir le critère de service
public.
- Il est difficile de donner une définition de service
public car chaque pays est différent et certains ont
encore un système de radio-télévision d'état.
- Un service public est au service du public et financé
par le public.
- Alors que les services privés de radiodiffusion répondent
de plus en plus à des critères de globalisation,
le service public est au service de la dynamique nationale.
Le service public est un lieu où la diversité
culturelle des pays et des régions peut et doit s'exprimer.
- La liberté du citoyen implique le droit à l'expression
et le choix de ses sources d'information.
- Il faut prouver par les faits que le service public est nécessaire,
qu'il apporte une contribution spécifique à la
société.
- Le service public suit les tendances. Avec les événements
du 11 septembre, on a constaté l'importance stratégique
du service public.
- Le service public suit le cours de la situation économique.
Quand ça va bien on y investit, quand ça va mal
on a tendance à réduire ses budgets.
- Certains craignent que le coût du numérique ne
mette en danger les services publics déjà aux
prises avec des problèmes de financement.

Discussion sur le plan d'action :
- Pour être en mesure de rejoindre son auditoire partout
dans le monde, le CMRTV doit se doter d'un site Internet. G.
C. est d'avis que c'est une priorité et il a déjà
approché une petite équipe en Suisse qui pourrait
concevoir ce site. Il y aurait possibilité de collaborer
avec des sites existants. Mme Smith nous informe de l'existence
d'un site www.publicservicebroadcasting.com
construit conjointement par le PBI et l'UNESCO (Vladimir Gaï).
D'autres participants insistent pour que le CMRTV se dote d'un
site propre, en lien avec les sites d'organisations membres
ou connexes.
- Le CMRTV doit être plus proactif que réactif.
Un outil comme le web pourrait servir à donner des signaux
d'alarme.
- Il est important que les organismes dont les missions sont
parallèles ou convergentes restent en lien et communiquent
entre eux. G.C. reconnaît l'importance de se coordonner
aux autres. Avec le PBI, nous participerons dorénavant
à nos réunions réciproques. Si David Barlow
n'a pu être des nôtres cette fois-ci, G.C. se rendra
à Hong-Kong pour le steering committee de PBI. Le CMRTV
pourrait aussi rejoindre la Plate-forme pour les droits de la
communication, très active pour représenter la
société civile au Sommet mondial sur la Société
de l'Information. Guillaume leur écrira pour en savoir
davantage sur les autres membres de la plate-forme et fera circuler
l'information.
- Le CMRTV devrait également solliciter la collaboration
de l'association des régulateurs. Pierre Wiehn fera le
suivi à cet effet.
- Le CMRTV ne devrait pas investir le domaine de la formation
des auditeurs-téléspectateurs en Afrique francophone,
puisque VLV prend en charge ce domaine.
- Une conférence en Europe de l'Est sur l'apport d'un
service audiovisuel public serait un geste significatif si on
y invite des grands noms à titre de conférenciers.
Une telle conférence aiderait à faire progresser
l'idée de service public alors que le commercial prend
de plus en plus d'ampleur. Il semble toutefois que l'OSCE étudie
un tel projet. Le CMRTV pourrait s'associer à la conférence
envisagée par l'OSCE.
- Il faudrait aussi prévoir de telles rencontres en Afrique
francophone, mais limiter l'événement au niveau
d'un pays : susciter le débat au niveau national au moyen
d'ateliers animés par des experts.
- On suggère d'organiser des campagnes médiatiques
de sensibilisation de l'opinion publique suivant le modèle
déployé par le Conseil de l'Europe lors de campagnes
sur des thèmes comme la tolérance, le racisme,etc.
- On suggère aussi de se doter d'une revue, d'un bulletin
d'information, en plus du site Internet. Une fois l'observatoire
en place, on disposera d'informations pour alimenter une telle
publication.
Suite aux discussions, des modifications ont été apportées
aux objectifs et au plan d'action ( initialement les pages 8 et
9 du projet de plan stratégique du CMRTV).
DÉJEUNER OFFERT PAR L'UNESCO
En présence de M. Claude Ondobo Ndzana, directeur de la division
du développement et de la communication de l'UNESCO.
Discussion sur les critère d'évaluation d'un service
public
Présentation de Paolo Baldi, directeur du service d'information
stratégique (SIS) de l'UER en réponse à la
question du CMRTV : comment mesurer la contribution spécifique
des médias électroniques de service public au bon
fonctionnement de la société et de la démocratie?
Cet objet est très important. Il conditionne le travail de
l'observatoire envisagé. Il est aussi le seul pour lequel
le CMRTV s'est d'ores et déjà assuré un financement
(Fondation Hoso-Bunka, Tokyo, Direction du Développement
et de la Coopération du gouvernement suisse, Berne).
Voir le document Power Point de M. Baldi : PSB's performance and
accountability - Looking for pertinent evaluation criteria. Ce document
de 10 pages qui a été remis aux participants est disponible
en version papier ou numérisée auprès du CMRTV.
Les membres de l'UER peuvent obtenir des informations stratégiques
sur le site Internet du SIS et ont accès à une banque
de données interactives.
Les principaux domaines retenus par Paolo Baldi pour définir
des critères d'évaluation du service public audiovisuel
sont : l'existence d'un mandat et la structure du marché,
la programmation (contenus spécifiques), la production (notamment
la production propre, régionale ou nationale), le territoire
(encouragement à la culture nationale), l'accès universel
(présence sur tous les supports et dans tous les secteurs
de la population), l'efficience.
Aperçu des commentaires des
participants :
- L'imputabilité du service public est importante.
- Il faut des indicateurs mesurables, des paramètres,
des indicateurs de rendement en accord avec les objectifs et
les moyens.
- Il faudra adapter les indicateurs et les mesures de rendement
aux différences qui existent entre les pays, entre les
marchés. Il faut trouver des instruments mesurables qui
soient à la portée des télévisions
en voie de devenir des services publics. Le modèle est
conçu pour le Nord, il faudra l'adapter aux pays du Sud.
Il faut établir différents niveaux de mesures.
- Le service public a besoin de mesures d'évaluation
d'audience, or plusieurs pays du Sud n'en ont pas les moyens.
- La programmation est le domaine où le service public
se distingue du privé.
- Le contenu et l'identification locale sont des aspects importants
du service public.
- On ne devrait pas se limiter à considérer les
émissions par genre, car le public est de plus en plus
sensible à des formes intermédiaires (infotainment,
etc.)
- Il ne faut pas évacuer la notion de divertissement,
de plaisir qui est aussi une fonction du service public. Il
ne faut pas ghettoiser le service public en le limitant aux
contenus sérieux, en le vidant de son contenu divertissant.
Il faut que le service public soit agréable à
regarder et à écouter.
- Si les gens ne se reconnaissent pas dans la télévision,
elle va disparaître. La clé, c'est la proximité
et la connaissance de son public.
- Le financement est une question capitale pour les services
publics qui ne peuvent se passer de la publicité. Le
financement commercial risque de changer la façon dont
on acquière et dont on produit les programmes.
- Le service public ne doit pas suivre la tendance du marché
et se limiter à ce qui est rentable, au détriment
de la diversité, et en fin de compte de la démocratie.
Cependant il ne faut pas refuser la confrontation avec le privé,
mais gagner le public par une plus grande créativité.
- Pour mesurer la qualité, il faut d'abord la définir
en fonction des objectifs.
- Chaque média doit être considéré
et évalué comme un tout et non à travers
ses parties (émissions ou catégories de programme
individuels).
- Il faut que les indicateurs retenus soient techniquement mesurables,
politiquement acceptables et économiquement réalisables.
La participation effective du SIS à ce projet
dépendra des besoins exprimés par le CMRTV et de l'intérêt de
l'UER pour la démarche.
Guillaume Chenevière demande aux participants d'analyser le document
de M. Baldi, et de lui transmettre leurs commentaires et suggestions.
DÎNER OFFERT PAR LE CMRTV À 20H00
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