Assemblée générale du CMRTV, Montréal, 21.11.2003.

Une organisation soutenue par l'UNESCO et la Fondation Hoso-Bunka (Tokyo)

Mise à jour : 11.12.2002

 

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  participants I soutien  
   
  Rabat, Maroc, 31 mai 2000

Raison et buts de la conférence

Cette conférence avait pour but de faire le point sur les progrès accomplis en Afrique dans l'organisation de systèmes de radiotélévision, voués à l'intérêt public, à la liberté d'expression, au développement des valeurs démocratiques et à la diversité culturelle. Elle a tenté d'évaluer l'urgence des défis posés par l'évolution de la technologie et la rapidité des développements à l'échelle internationale.

Elle s'est attachée, en particulier, au rôle des organismes de service public, afin de préciser la nature, les critères qui le caractérisent et les conditions d'un fonctionnement efficace. Elle a discuté de l'importance du pluralisme, du rôle du secteur privé par rapport à l'intérêt public et, enfin, de la nécessité de l'organisation de systèmes appropriés de régulation.

Cette conférence africaine, proposée par le Gouvernement du Maroc et le CMRTV, était opportune et urgente si l'on tient compte du fait que les grandes organisations de radiotélévision et de communications prennent, avec rapidité, une dimension mondiale, que les distinctions traditionnelles entre les activités médiatiques de production, de transmission et de manipulation des données s'estompent, que la convergence est devenue une réalité et que les immenses entreprises, traditionnellement occupées exclusivement à l'organisation des systèmes de transport électronique, deviennent maintenant attirées par les possibilités que présentent, à leurs yeux, le domaine du divertissement, de l'information et du savoir.
 
  Des pays d'Afrique considérant ces phénomènes se demandent comment transformer leur système de radiotélévision, pour respecter la liberté d'expression et conserver une certaine maîtrise sur leur avenir culturel.

Le 19 novembre 1998, à Rabat, le Premier Ministre Abderrahmane Youssoufi affirmait comme principe de base de toute réforme " qu'il ne peut y avoir de protection pour les droits de l'homme sans information libre ".

Cette conférence a été organisée conjointement par le Conseil mondial de la radiotélévision et le Ministère de la Communication du Royaume du Maroc avec l'appui de l'UNESCO.

Réunis à Rabat, du 28 au 31 mai 2000, à l'initiative du Gouvernement du Royaume du Maroc, du Conseil mondial de la radiotélévision (CMRTV) et d'une vingtaine d'agences de coopération, de fondations et d'organismes de radiodiffusion, avec l'appui de l'UNESCO, autour du thème " Les défis à la radiotélévision de service public en Afrique ", des ministres responsables de la communication et de la culture, des dirigeants de médias audiovisuels, d'instances nationales de régulation, d'associations de citoyens, de médias communautaires, de chaînes internationales, ainsi que des spécialistes et des chercheurs, venant d'une trentaine de pays de l'Afrique, de l'Europe, du Japon, de l'Australie, du Canada et des États-Unis, ont adopté la Déclaration suivante, dite Déclaration de Rabat :

LES PARTICIPANTS

RÉAFFIRMENT la nécessité pour les Nations Unies, ses agences et ses programmes de continuer à promouvoir les concepts de l'indépendance et du pluralisme dans les médias audiovisuels de l'Afrique et d'aider à leur mise en oeuvre;

RÉAFFIRMENT l'importance et la pertinence de la Déclaration de Windhoek du 3 mai 1991, faite sienne par la Conférence Générale de l'UNESCO à sa vingt-sixième session et émise à l'issue du Séminaire pour le développement d'une presse africaine indépendante et pluraliste, organisé conjointement par l'Organisation des Nations Unies et l'UNESCO et en particulier de la 17e recommandation de cette déclaration;

AFFIRMENT l'importance pour l'Afrique d'une radio-télévision de service public vouée à la liberté d'expression. Ni commerciale, ni étatique, la radiodiffusion publique puise sa raison d'être dans le seul accomplissement du service public. C'est la radiodiffusion du public : elle s'adresse à chacun à titre de citoyen. Elle encourage l'accès et la participation à la vie publique. Elle développe les connaissances, élargit les horizons et permet à chacun de mieux se comprendre en comprenant les autres et le monde;

CONSIDÈRENT que les stratégies médiatiques de globalisation et d'uniformisation de la création et de l'expression, interpellent toute l'Afrique, ses gouvernements, ses professionnels et ses créateurs; d'où l'urgence d'une réflexion et d'une action relatives aux particularités, aux identités et aux cultures. Cette réflexion et cette action doivent contribuer à enrichir le patrimoine universel et la nouvelle société de l'information, aujourd'hui marquée par les pressions technologiques;

ESTIMENT que l'audiovisuel participe directement aux objectifs de développement et de démocratie, de bonne gouvernance, de liberté et de promotion des droits de l'homme. Sa puissance et son impact stimulent la participation et la création tout en favorisant le dialogue et l'échange entre les peuples;

PRESSENT les professionnels des médias et la société civile, les gouvernements et les instances législatives et représentatives du continent africain d'appuyer cette vision de service public en radiodiffusion. Cette vision doit être mise en oeuvre, développée et préservée dans toutes les sociétés, et particulièrement en Afrique où les risques d'uniformisation se multiplient;

Les participants invitent le Gouvernement du Royaume du Maroc, hôte de cette conférence, et l'UNESCO à promouvoir cette déclaration auprès des gouvernements, des agences et des organismes internationaux.

Conférence de Rabat, 31 mai 2000

La conférence a bénéficié du soutien et
de la collaboration des organismes suivants :

l'U N E S C O
l'Agence canadienne de développement international (ACDI)
la Freidrich Ebert Stiftung
la Freidrich Naumann Stiftung
le Ministère des Affaires étrangères de France
la Radiodiffusion Télévision Marocaine
la Société Radio-Canada
la Société Suisse de Radiodiffusion
la Société de télédiffusion du Québec
l'Agence suédoise de développement international
l'Université de Montréal
et aussi de l'appui
de l'Arab States Broadcasting Union
de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires
du Centre canadien d'étude et de coopération internationale
de la Commonwealth Broadcasters Association
du Conseil international des radiotélévisions d'expression française
du Réseau des instances africaines de régulation de la communication
de la South African Broadcasters Association
de la Thomson Foundation
de l'Union des radios et télévisions nationales d'Afrique

 
     
   
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