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Des pays d'Afrique considérant ces phénomènes
se demandent comment transformer leur système de radiotélévision,
pour respecter la liberté d'expression et conserver une certaine
maîtrise sur leur avenir culturel.
Le 19 novembre 1998, à Rabat, le Premier Ministre Abderrahmane
Youssoufi affirmait comme principe de base de toute réforme
" qu'il ne peut y avoir de protection pour les droits de l'homme
sans information libre ".
Cette conférence a été organisée
conjointement par le Conseil mondial de la radiotélévision
et le Ministère de la Communication du Royaume du Maroc
avec l'appui de l'UNESCO.
Réunis à Rabat, du 28 au 31 mai 2000, à
l'initiative du Gouvernement du Royaume du Maroc, du Conseil mondial
de la radiotélévision (CMRTV) et d'une vingtaine
d'agences de coopération, de fondations et d'organismes
de radiodiffusion, avec l'appui de l'UNESCO, autour du thème
" Les défis à la radiotélévision
de service public en Afrique ", des ministres responsables
de la communication et de la culture, des dirigeants de médias
audiovisuels, d'instances nationales de régulation, d'associations
de citoyens, de médias communautaires, de chaînes
internationales, ainsi que des spécialistes et des chercheurs,
venant d'une trentaine de pays de l'Afrique, de l'Europe, du Japon,
de l'Australie, du Canada et des États-Unis, ont adopté
la Déclaration suivante, dite Déclaration de Rabat
:
LES PARTICIPANTS
RÉAFFIRMENT la nécessité pour les
Nations Unies, ses agences et ses programmes de continuer à
promouvoir les concepts de l'indépendance et du pluralisme
dans les médias audiovisuels de l'Afrique et d'aider à
leur mise en oeuvre;
RÉAFFIRMENT l'importance et la pertinence de la
Déclaration de Windhoek du 3 mai 1991, faite sienne par
la Conférence Générale de l'UNESCO à
sa vingt-sixième session et émise à l'issue
du Séminaire pour le développement d'une presse
africaine indépendante et pluraliste, organisé conjointement
par l'Organisation des Nations Unies et l'UNESCO et en particulier
de la 17e recommandation de cette déclaration;
AFFIRMENT l'importance pour l'Afrique d'une radio-télévision
de service public vouée à la liberté d'expression.
Ni commerciale, ni étatique, la radiodiffusion publique
puise sa raison d'être dans le seul accomplissement du service
public. C'est la radiodiffusion du public : elle s'adresse à
chacun à titre de citoyen. Elle encourage l'accès
et la participation à la vie publique. Elle développe
les connaissances, élargit les horizons et permet à
chacun de mieux se comprendre en comprenant les autres et le monde;
CONSIDÈRENT que les stratégies médiatiques
de globalisation et d'uniformisation de la création et
de l'expression, interpellent toute l'Afrique, ses gouvernements,
ses professionnels et ses créateurs; d'où l'urgence
d'une réflexion et d'une action relatives aux particularités,
aux identités et aux cultures. Cette réflexion et
cette action doivent contribuer à enrichir le patrimoine
universel et la nouvelle société de l'information,
aujourd'hui marquée par les pressions technologiques;
ESTIMENT que l'audiovisuel participe directement aux objectifs
de développement et de démocratie, de bonne gouvernance,
de liberté et de promotion des droits de l'homme. Sa puissance
et son impact stimulent la participation et la création
tout en favorisant le dialogue et l'échange entre les peuples;
PRESSENT les professionnels des médias et la société
civile, les gouvernements et les instances législatives
et représentatives du continent africain d'appuyer cette
vision de service public en radiodiffusion. Cette vision doit
être mise en oeuvre, développée et préservée
dans toutes les sociétés, et particulièrement
en Afrique où les risques d'uniformisation se multiplient;
Les participants invitent le Gouvernement du Royaume du Maroc,
hôte de cette conférence, et l'UNESCO à promouvoir
cette déclaration auprès des gouvernements, des
agences et des organismes internationaux.
Conférence de Rabat, 31 mai 2000
La conférence a bénéficié
du soutien et
de la collaboration des organismes suivants :
l'U N E S C O
l'Agence canadienne de développement international (ACDI)
la Freidrich Ebert Stiftung
la Freidrich Naumann Stiftung
le Ministère des Affaires étrangères de France
la Radiodiffusion Télévision Marocaine
la Société Radio-Canada
la Société Suisse de Radiodiffusion
la Société de télédiffusion du Québec
l'Agence suédoise de développement international
l'Université de Montréal
et aussi de l'appui
de l'Arab States Broadcasting Union
de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires
du Centre canadien d'étude et de coopération internationale
de la Commonwealth Broadcasters Association
du Conseil international des radiotélévisions d'expression
française
du Réseau des instances africaines de régulation
de la communication
de la South African Broadcasters Association
de la Thomson Foundation
de l'Union des radios et télévisions nationales
d'Afrique
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